29.4.16

Ouzbékistan : Défendons le défenseur des droits humains, Uktam Pardaev

Pour soutenir sa stratégie d’utilisation massive de travail forcé, le gouvernement d’Ouzbékistan emploie harcèlements, arrestations, détentions arbitraires, et dans certains cas, la torture de citoyens tentant de documenter ces faits. Uktam Pardaev, militant des droits de l'homme de
Uktam Pardaev

Jizzakh et membre d'un groupe indépendant surveillant la récolte du coton, a été arrêté le 16 novembre 2015 sur de fausses accusations de fraude, d’acceptation d’un pot de vin, et d'insultes. En détention provisoire durant huit semaines, il a été enfermé dans une cellule froide et humide avec seulement un tapis sale pour dormir et peu de nourriture. Il a été témoin de tortures et de mal traitements des fonctionnaires envers d’autres détenus pour leur extorquer des aveux, avant d’être lui-même sévèrement rossé de coups et contraint d'avouer. 

Dans le monde entier, des organisations de défense des droits humains, dont Human Rights Watch et Amnesty International, exigent la libération immédiate d’Uktam Pardaev. Le 11 janvier 2016, il a été condamné à une peine de trois ans de prison avec sursis. Il vit, désormais, sous surveillance constante à son domicile par les services de sécurité, qui restreignent fortement ses mouvements et activités. Les autorités intimident également les parents et amis d’Uktam Pardaev, qui sont surveillés, interrogés et menacés.


Vous pouvez aider! Entrez votre nom et votre courriel et cliquez sur le bouton 'Envoi' au bas de cette page. 


25.3.16

URGENT!

Je m’adresse à tous les spécialistes du cyberharcèlement (cyberbullying), dans la lutte contre les menaces, les provocations et les calomnies prodigués contre les défenseurs des droits de l’Homme.

Ce problème est devenu très préoccupant, voire très dangereux. J’espère être entendue.

Je cherche désespérément un avocat spécialisé, des organisations qui s’occupent de ce genre de protection. C’est pourquoi je suis obligée de demander publiquement une aide.

Pour le moment, je ne veux pas commenter ma situation, je cherche tout simplement des spécialistes.

Dans l’attente de votre retour et vous en remerciant par avance.

Cordialement,
Nadejda Atayeva 




8.9.15

Pas d’extradition possible vers le Tadjikistan


Le Helsinki Committee de Norvège et l’Association Droits de l’Homme en Asie centrale ont adressé conjointement deux lettres aux gouvernements de Biélorussie et de Moldavie pour les appeler à respecter leurs engagements internationaux, et à ne pas extrader deux activistes pacifiques tadjiks issus de l’opposition vers leur pays d’origine, où ils risqueraient d’être torturés et soumis à de mauvais traitements. La Moldavie et la Biélorussie sont Etats parties des lois internationales sur la protection des réfugiés ainsi que de la Convention des Nations unies contre la torture. Les autorités de ces deux pays ne peuvent pas légalement extrader Sobir Valiev et Chabnam Khoudoïdodova vers le Tadjikistan où la torture reste une pratique largement répandue.

Sobir Valiev
Sobir Valiev est un militant politique pacifique et vice-président du mouvement d’opposition appelé «Groupe 24». Cette organisation a été déclarée illégale et qualifiée d’ « extrémiste » au Tadjikistan. Sobir Valiev se trouve en prison depuis le 11 août 2015 en Moldavie où il s’était rendu pour des raisons professionnelles et personnelles. Il a été arrêté par la police moldave à l’aéroport de Chisinau alors qu’il s’apprêtait à prendre un vol pour Istanbul. Bien que Sobir Valiev soit devenu citoyen kirghizstanais en 2008 et ait renoncé à sa citoyenneté tadjikistanaise, Douchanbé a requis auprès des autorités moldaves son extradition. Les autorités tadjikistanaises accusent Sobir Valiev d’avoir lancé des « appels publics au renversement par la force de l’ordre constitutionnel », en violation de l’article 307 du Code pénal du Tadjikistan. En dressant cette accusation à l’encontre de M. Valiev, le régime autoritaire d’Emomali Rakhmon semble vouloir mettre fin aux activités de ce militant franc et d’effrayer leurs autres opposants.

Pas d’extradition possible vers le Tadjikistan

Chabnam Khoudoïdova
Chabnam Khoudoïdova a émigré en Russie pour des raisons économiques. Au début de l’été 2015, après avoir appris qu’on préparait son enlèvement, elle fuit de Russie. Elle fut arrêtée et placée en détention en Biélorussie à la demande du Tadjikistan, et attend actuellement à la maison d’arrêts de Brest que les autorités biélorusses rendent leur décision concernant son extradition vers son pays d’origine. Comme Sobir Valiev, elle est accusée d’avoir violé l‘article 307 du Code pénal du Tadjikistan. Elle est également liée au « Groupe 24 », bien que son appartenance à l’organisation n’a pas été confirmée. Chabnam Khoudoïdova est dans la ligne de mire des autorités depuis qu’elle a commencé, au début de l’année 2015, à critiquer ouvertement sur les réseaux sociaux le régime en place au Tadjikistan.

La pratique de la torture est très largement répandue au Tadjikistan, notamment dans des cas d’accusations d’atteinte à la sécurité nationale du pays et de « crimes extrémistes ». Telles sont les accusations, politiquement motivées, portées à l’encontre de Chabnam Khoudoïdova et de Sobir Valiev. Si ces derniers sont extradés vers le Tadjikistan, ils seront très vraisemblablement torturés.

Lire la lettre adressée au Ministre moldave de la Justice ici
Lire la lettre adressée au Ministre biélorusse de la Justice ici



28.7.15

Russie: disparition d’Ekhson Odinaïev, blogueur tadjikistanais du «Groupe 24»

Cela fait 72 jours que le blogueur Ekhson Odinaïev, plus connu sous le pseudonyme de Sarafrozi Olamafrouz, a disparu.

Ekhson Saïfoulloïevitch Odinaïev est né le 12 juin 1991. Il a la nationalité tadjikistanaise.

Il est diplômé d'études secondaires, et vit depuis 2007 en Russie. Les premières années, il a participé activement à des évènements culturels, organisés par l'ambassade du Tadjikistan à Moscou, et à des projets de défense des droits des travailleurs migrants tadjikistanais.

Quand Ekhson Odinaïev se heurta à l'injustice et à l'arbitraire du régime répressif d'Emomali Rakhmon, il devint un membre très actif de la société civile. Lors des dernières élections présidentielles, il vota pour un candidat alternatif, et commença à participer à des manifestations organisées par les chefs de l'opposition politique.

Puis, Ekhson Odinaïev devint un membre actif du mouvement de «La Jeunesse du Tadjikistan pour la Renaissance», qui fait partie de l’organisation politique du «Groupe 24».

Vaïssiddin Odinaïev a écrit dans sa déposition concernant la disparition de son frère Ekhson Odinaïev: «Le 19 mai 2015, Ekhson Odinaïev est sorti vers 18 heures de chez lui, 20 rue Tambovskaïa, à Saint-Pétersbourg, et se dirigeait supposément vers la pharmacie «Fialka» pour acheter le médicament « Aridzon » contre les inflammations oculaires. Il ne revint pas. Son téléphone portable ne répond pas et lui-même n’a donné aucun signe de vie.»

Cette déposition a été faite le 23 mai 2015 auprès du département du ministère des Affaires intérieures du quartier de Frounzen, à Saint-Pétersbourg. Depuis lors, les autorités ne se sont pas manifestées.

Quelques mois avant sa disparition, il avait secrètement emménagé dans l'appartement d'un ami. Des proches y ont découvert des dispositifs d'écoute. Selon eux, Ekhson Odinaïev avait fait plusieurs fois allusion, les derniers jours avant sa disparition, au fait qu’il était suivi par des personnes suspectes. Quand son frère et sa mère se sont rendus dans cet appartement après sa disparition, ils ont découverts que les lieux avaient été illégalement perquisitionnés. Selon sa mère, Ekhson Odinaïev avait réussi à laisser des traces qui suggéraient qu’il avait disparu contre sa volonté.

Tous ceux qui connaissent personnellement Ekhson Odinaïev sont convaincus que les services spéciaux du Tadjikistan, qui étaient depuis longtemps à sa recherche, sont mêlés à sa disparition. La veille de sa disparition, le Tadjikistan avait émis un mandat d'arrêt international contre lui via Interpol sur la base d’accusation de cybercriminalité. Ces accusations, qui apparaissent plus que douteuses, semblent politiquement motivées. Beaucoup d'éléments soulignent que ce jeune et impertinent blogueur irritait les autorités corrompues du Tadjikistan en les critiquant ouvertement.

Le nom de Sarafrozi Olamafrouza est très populaire sur Internet, notamment parmi les internautes tadjikistanais. Voici une liste non exhaustive de ses écrits sur des réseaux sociaux et des sites internet d'opposition:


Le Tadjikistan mène actuellement un campagne de répression sans précédent à l’encontre des opposants du régime d’Emomali Rakhmon. Les services secrets de ce pays utilisent dans ce cadre des méthodes illégales et cruelles:
  • le chef du mouvement de « La Jeunesse du Tadjikistan pour la Renaissance », Maksoud Ibraguimov a été kidnappé en janvier 2015 à Moscou, et amené illégalement au Tadjikistan. Sous la torture, il a été contraint de reconnaître par écrit qu’il était revenu de sa propre volonté dans son pays natal. Le 24 juillet 2015, il a été condamné à 17 ans de prison dans une colonie pénitentiaire à régime sévère;
  • le chef de l’organisation d’opposition du « Groupe 24 », Oumarali Kouvvatov, après avoir été victime de plusieurs tentatives de meurtre, a été empoisonné avec sa femme et ses enfants, avant d’être tué par une balle dans la tête en mars 2015 à Istanbul;
  • de nombreux partisans de chefs de l’opposition politique et voix critiques du régime ont été arrêtés ou kidnappés.
Les activistes tadjikistanais, même ceux qui ont obtenu la nationalité russe, quittent le territoire de la Communauté des Etats indépendants (CEI) et demandent une protection internationale auprès d’Etats qui ont ratifié la convention des Nations unies relative au statut des réfugiés. Ils sont contraints de réagir ainsi en raison des actions des services secrets du Tadjikistan. Ceux qui restent en Russie, ou dans d’autres pays de la CEI, sont ensuite obligés de partir clandestinement. Ils ne croient plus que les avocats et les défenseurs des droits de l’homme puissent les défendre. De nombreux activistes de la société civile du Tadjikistan, en particulier ceux qui vivent à l’étranger, ressentent un fort sentiment de désolation. Dans la panique, ils s’adressent à l’Association Droits de l’homme en Asie Сentrale» et à d’autres organisations internationales de défense des droits de l’homme: Human Rights Watch, Amnesty International, etc…

L’Association Droits de l’homme en Asie Сentrale  AHRCA est extrêmement inquiète suite à la disparition du blogueur tadjikistanais Ekhson Odinaïev. Nous appelons les autorités russes à garantir les conditions indispensables pour que cette affaire fasse l’objet d’une enquête impartiale et objective

Cette campagne massive qui vise à faire taire les voix critiques du régime d’Emomali Rakhmon peut expliquer l’inefficacité des mécanismes nationaux de défense des droits de l’homme au Tadjikistan et dans d’autres pays de la CEI. Une intervention urgente de la communauté internationale est indispensable pour rappeler au Tadjikistan de respecter les libertés et les droits de l’homme fondamentaux.





21.7.15

Chabnam Khoudoïdova, citoyenne tadjikistanaise, détenue en Biélorussie, a enfin pu avoir accès à un avocat

Le 14 juillet 2015, un avocat biélorusse a enfin pu rencontrer la prévenue Chabnam Khoudoïdova, selon sa soeur Mijgona Khoudoïdova.
Chabnam Khoudoïdova
Chabnam Khaïroulloïevna KHOUDOÏDOVA est née le 20 décembre 1986 en république socialiste soviétique du Tadjikistan, à Koulob (Sud du pays, 3ème ville par sa population). Elle a une fille (mineure).

Chabnam Khoudoïdova soutenait activement les idées de l’opposition politique au Tajikistan sur les réseaux sociaux, et défendait la nécessité d’y mener des réformes démocratiques.  Elle participait également autant qu’elle le pouvait à des actions humanitaires en soutien à des migrants tadjikistanais, partis de leur pays pour des raisons économiques.

L’activiste du “Groupe 24”, inscrite par le Tadjikistan sur la liste des personnes recherchées par Interpol, se trouve actuellement à la maison d’arrêts n°7 (ministère de l’Intérieur de Biélorussie). Nous venons d’apprendre qu’elle avait été arrêtée et placée en détention provisoire le 13 juin 2015, et non le 15 comme nous l’avions écrit précédemment. Elle a ainsi passé les trois premiers jours de sa détention provisoire dans une cellule d’isolement des services douaniers, avant d’être transférée à la maison d’arrêts de Brest.

Chabnam Khoudoïdova a demandé l’asile politique en Biélorussie et sa requête serait actuellement à l’étude. Quant aux conditions de détention et au traitement auxquels elle est soumise, elle n’a aucun grief.  Chabnam Khoudoïdova est avant extrêmement inquiète face à la menace d’un retour forcé au Tadjikistan.

L’Аssociation Droits de l’Homme en Asie Centrale” - AHRCA salue l’autorisation délivrée à Chabnam Khoudoïdova d’avoir accès à un avocat. Cette condition est indispensable pour le respect de son droit fondamental à se défendre.



Pour plus d’information, lire les précédents communiqués de l’AHRCA à ce sujet :
            — «Tadjikistan: Maksoud Ibraguimov, chef du mouvement politique “La jeunesse pour la renaissance du Tadjikistan” condamné à 13 ans de prison», 15.07.2015;

«Biélorussie: Chabnam Khoudoïdova, en maison d'arrêts depuis dix jours, n'a toujours pas accès à son avocat», 04.07.2015;

«Biélorussie: arrestation de l’activiste tadjikistanaise Chabnam Khoudoïdova, membre du “Groupe 24”», 18.06.2015;
  «Turquie: l’opposant politique Oumarali Kouvatov tué par balle à Istanbul», 05.03.2015 ;
«Arrestations d’activistes tadjikistanais  et disparition de Maksoud Ibraguimov à Moscou», 26.01.2015;
  «Turquie: le président du “Groupe 24” Oumarali Kouvatov menacé d’extradition», 13.01.2015;
  «Turquie: arrestation président du «Groupe 24» Oumarali Kouvatov»,  20.12.2014 ;
«Russe: tentative d’assassinat contre l’opposant politique tadjikistanais Maksoud Ibraguimov», 01.12.2014.


20.7.15

Félicitations à Azimjan Askarov, lauréat du prix “Défenseur des droits de l’homme”

L’Association Droits de l’Homme en Asie Сentrale adresse toutes ses félicitations à Azimjan Askarov auquel le département d’État américain a attribué, le 14 juillet 2015, le prix “Défenseur des droits de l’homme” pour son activisme et ses efforts pour rétablir la justice au Kirghizstan. 

L’attribution de ce prix prend une symbolique particulièrement importante alors que les violations des libertés et des droits fondamentaux ne cessent de se multiplier au Kirghizstan et dans les autres pays d’Asie centrale, et que les autorités persécutent les défenseurs des droits de l’homme. La société civile tient ainsi en très haute estime le soutient apporté par ce biais par le département d’État américain.
Azimjan ASKAROV est un défenseur des droits de l’homme. Il a notamment fondé l’organisation “Vozdoukh” (ce qui signifie “Air” en russe) au Kirghizstan. Il rassemblait des informations et enquêtait sur les abus des forces de l’ordre. Sa position très critique irrita les autorités.
Le 15 septembre 2010, Azimjan Askarov fut condamné à une peine d’emprisonnement à perpétuité pour avoir prétendument participé à l’organisation de troubles de masse, et au meurtre d’un membre des forces de l’ordre lors des affrontements interéthniques dans le sud du Kirghizstan, en juin 2010. Lors de l’enquête, il a été torturé, tandis que des policiers qui ont participé au conflit interéthnique ont témoigné contre lui.
Le 3 septembre 2014, la Cour suprême du Kirghizstan a rejeté la demande d’Azimjan Askarov de réouvrir son dossier, et a maintenu en vigueur le verdict prononcé par le tribunal de la ville de Bichkek le 16 juin 2014 sur la clôture de cette affaire.
M. Askarov purge actuellement sa peine dans la colonie pénitentiaire №47.
Sa plainte a été étudiée par le Comité des droits de l’homme des Nations unies.
Une campagne internationale pour défendre Azimjan Askarov a été lancée par les activistes des droits de l’homme kirghizstanais. Elle est soutenue par toutes les organisations de défense des droits de l’homme et les forces de la société civile des pays démocratiques.

Le ministère des Affaires étrangères du Kirghizstan a sévèrement critiqué l’attribution du prix “Défenseur des droits de l’homme” par le département d’État des États-Unis à Azimjan Askarov. Par cette réaction inadéquate, les autorités confirment le caractère politique de la condamnation du défenseur des droits de l’homme, et la dépendance du pouvoir judiciaire face à l’exécutif.

Nous appelons le gouvernement du Kirghizstan à respecter ses obligations en vertu des traités internationaux dans le domaine des droits de l’homme et de la Constitution de la République du Kirghizstan.

Nous souhaitons au défenseur des droits de l’homme Azimjan Askarov une libération très prochaine.




La Cour suprême d’Ouzbékistan maintient en vigueur la condamnation de Mourad Djouraev

—Le prisonnier politique Mourad Djouraev a épuisé toutes les voies de recours internes pour contester sa dernière condamnation, prononcée le 4 décembre 2012. 
Mourad Djouraev
Mourad Djouraev est né en 1952 à Moubarak, dans la région de Kachkadarie en Ouzbékistan, et est d’origine ethnique turkmène. Il est marié et a trois enfants. Il est diplômé de l’institut polytechnique de Tachkent. En 1991-1992, il a dirigé le comité exécutif du conseil de la ville de Moubarak, et a été élu au Parlement d’Ouzbékistan.

Il a été accusé avec le chef du parti politique d’opposition “Erk”, Mouhammad Salikh, d’association de malfaiteurs. Selon la version officielle, Messieurs Salikh et Djouraev auraient voulu organisé un coup d’État.

Mourad Djouraev est incarcéré depuis le 18 septembre 1994.

Un nouveau tribunal a jugé M. Djouraev, le 4 décembre 2012, dans la ville d’Almalyk dans la région de Tachkent. Il a été condamné à trois ans et 24 jours de prison sur la base de l’article 221, deuxième partie, paragraphe b du Code pénal d’Ouzbékistan pour “refus d’obtempérer aux exigences légales de l’administration pénitentiaires”. C’est la quatrième fois qu’il est reconnu coupable d’avoir violé cet article, et la cinquième fois qu’il est condamné depuis son premier procès. Si M. Djouraev est incarcéré depuis plus de 21 ans, la peine maximale en Ouzbékistan est limitée à 25 ans d’emprisonnement. Pour plus d’informations, lire le communiqué de presse “Ouzbékistan : Mourad Djouraev condamné à une nouvelle peine de prison de trois ans et 24 jours”, publié le 16 décembre 2012. 
  • La réponse de la Cour suprême concernant le cas de Mourad Djouraev 
«Votre plainte exprimant votre désaccord avec les décisions judiciaires rendues par la Cour suprême dans le cas de M. Djouraev a été étudiée. 

Par le verdict prononcé par le tribunal pénal de la ville d’Amalyk, le 4 décembre 2012, et maintenu sans modification sur décision de la Cour d’appel de la région de Tachkent rendue le 3 janvier 2013, M. Djouraev a été condamné sur la base de l’article 221, paragraphe b de la deuxième partie du Code pénal de l’Ouzbékistan, et suivant les dispositions décrites par l’article 60 du Code pénal, à trois ans et 24 jours d’emprisonnement. 


Dans cette plainte sont présentés des arguments quant à l’illégalité de la condamnation de M. Djouraev qui soulèvent la question de l’annulation du verdict et du classement de cette affaire criminelle accompagné de la réhabilitation de M.Djouraev.  

Dans l’acte d’inculpation, la culpabilité de M. Djouraev a été démontrée par les dépositions des témoins C. Djouraev, A. Oumarov, N. Abdourakhmanov, et N. Roustamov, des documents concernant des punitions disciplinaires ainsi que d’autres preuves rassemblées lors de l’affaire.  


La Cour que les actions de M. Djouraev ont été correctement qualifiés et la peine a été prononcée de manière proportionnelle au crime commis.


Les raisons d’une modification ou d’une annulation des décisions judiciaires ne sont pas établies.


Le vice-Président R. Obidov».

*   *   *
Mourad Djouraev, âgé aujourd’hui de 63 ans, est privé de liberté sur la base d’accusations fabriquées de toutes pièces. Toutes ses condamnations ont été décidées d’avance et ne s’appuient que sur l’accusation. Durant ces dernières années, M. Djouraev a particulièrement ressenti qu’il s’épuisait physiquement et qu’il était constamment humilié dans sa dignité humaine. Lors de l’enquête menée en 1994-1995, il a été victime de tortures, et est depuis privé d’accès à des soins médicaux. Durant les vingt dernières années, pas un acte d’humanisme n’a permis une quelconque amélioration de sa situation. En décembre 2015, la dernière peine  d’emprisonnement de Mourad Djouraev arrivera à son terme, mais personne ne peut pour le moment nommer la possibilité de sa libération.

L’Association Droits de l’Homme en Asie Centrale” - AHRCA exhorte toutes les parties concernées, les gouvernements des pays démocratiques, les organisations de défense des droits de l’homme et les médias d’information à attirer l’attention sur le cas de Mourad Djouraev et à appeler le gouvernement de la République d’Ouzbékistan à le remettre en libérté. 



Pour plus d’informations, lire nos précédents communiqués de presse sur Mourad Djouraev:
           la pétition  “A l’occasion du 65ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, signez la pétition en faveur de la libération du prisonnier politique Mourad Djouraev” (en russe et en anglais), publiée le 09.12.2013;
           le communiqué de presse “Ouzbékistan: une bande rouge sur le dossier judiciaire du prisonnier politique Mourad Djouraev” (en russe et en anglais), publié le 29.04.2013;
           le communiqué de presse “Ouzbékistan: l’appel de la condamnation de M. Djouraïev rejeté”, (en russe et en anglais), publié le 05.01.2013;          
          — le communiqué de presse “ Ouzbékistan: Mourad Djouraev a nouveau condamné à une nouvelle peine d’emprisonnement de trois ans et 24 jours” (en russe et en anglais), publié le 16.12.2012;
           le communiqué de presse “Ouzbékistan: Libérez les prisonniers politiques le jour de la Constitution. Utilisez cette commémoration pour conduire de réelles réformes” (en russe et en anglais), publié le 07.12.2012;
           le communiqué de presse “Ouzbékistan : le prisonnier politique Mourad Djouraev, gravement malade, à nouveau placé en cellule d’isolement” (en russe et en anglais), publié le 14.10.2012;
           le communiqué de presse “Impossibilité depuis quatre mois de connaître le lieu où se trouve le prisonnier politique Mourad Djouraev” (en russe et en anglais), publié le 17.09.2009.