8.10.18

Lettre ouverte au Président Emmanuel Macron

M. Emmanuel MACRON
Président de la République française
Palais de l'Elysée
55 Rue du Faubourg Saint-Honoré
75008 Paris


Paris, Bruxelles
5 octobre 2018


Monsieur le Président,
nous vous écrivons au nom d’International Partnership for Human Rights (IPHR), une NGO internationale basée à Bruxelles, et de l’Association Droits de l'Homme en Asie Centrale, créée par des émigrés politiques ouzbèkes en France. En vue de la première visite d'Etat en France du président ouzbèke Shavkat Mirziyoyev le 8 octobre prochain, nous lançons un appel pour que vous saisissiez cette occasion et demandiez des améliorations concrètes dans le domaine des droits fondamentaux en Ouzbékistan dans le cadre du processus d'ouverture observé dans ce pays au cours des deux dernières années.


Depuis son arrivée au pouvoir en 2016, le Président Mirziyoyev a pris des mesures afin de remédier au bilan déplorable des droits humains en Ouzbékistan depuis trop longtemps.

Par exemple, au moins 29 militants de la société civile, des journalistes indépendants et des militants de l'opposition politique ont été libérés de prison ; au moins dix auteurs d'actes de torture ont été traduits en justice ; et plusieurs organisations internationales de défense des droits humains ont été invitées à Tachkent en signe de la nouvelle politique d’ouverture de l’Ouzbékistan.

Cependant, davantage doit être fait pour que ces premières mesures aient un effet à long terme, pour que les droits humains soient véritablement protégés et que les principes de la primauté du droit soient mis en oeuvre. Les autorités continuent de persécuter les opposants au régime, ou ceux qui sont perçus comme tels par le gouvernement, alors qu’ils ont exercé leur droit à la liberté d'expression, et nous recevons toujours des informations concernant des cas de torture et mauvais traitements. Le gouvernement du Président Mirziyoyev devrait mettre en oeuvre d'urgence les recommandations suivantes:

1. Rétablir la justice pour les personnes condamnées dans des procès inéquitables et assurer que les auteurs d’abus passés soient poursuivis 

Des milliers de prisonniers purgent des peines imposées sur la base des régimes passés et présent, après avoir été condamnés lors de procès inéquitables pour "violation de l'ordre constitutionnel" (Article 159 du code pénal) ; pour avoir « produit ou distribué des documents menaçant l’ordre public et la sécurité » (article 244-1) ou pour avoir » établi, dirigé ou participé à des organisations extrémistes religieuses, séparatistes, fondamentalistes ou autrement prohibées»(article 244-2). Ces articles permettent une interprétation vague de la part des autorités et ont souvent été mal utilisés contre les critiques ou supposés critiques du gouvernement ainsi que contre les croyants qui prient dans des établissements religieux non reconnus par l'État. De nombreuses personnes ont été ciblées pour avoir exercé pacifiquement leur droit à la liberté d'expression.

À ce jour, aucune enquête indépendante n'a été menée sur les événements tragiques survenus à Andijan en 2005, lorsque les forces de sécurité ont tué des centaines de manifestants en grande partie pacifiques, dont des femmes et des enfants.

Sous le régime du nouveau Président, plus d’une vingtaine d'activistes de la société civile et de dissidents politiques ont été libérés, mais ils restent sous surveillance étroite. Aucun d'entre eux n'a été complètement réhabilité et les responsables de leur persécution n'ont pas encore été traduits en justice. Nombre d'entre eux ont été soumis à la torture et autres formes de mauvais traitements afin de les forcer à fournir de faux aveux, mais les auteurs de ces actes ont échappé à la justice et les victimes n'ont pas été indemnisées ni rétablis dans leurs droits. De nombreux avocats craignent de défendre de tels cas, par peur des représailles.

Les autorités continuent de restreindre la liberté de mouvement de citoyens ouzbèkes en les empêchant de voyager à l'étranger, en visant plus particulièrement les détracteurs du gouvernement. La liberté d’action de la société civile reste extrêmement limitée. Des émigrés politiques ont vu leur citoyenneté ouzbèke retirée et leurs biens dans le pays confisqués.

2. Donner au pouvoir judiciaire une indépendance totale et assurer la transparence des procédures de justice

La réforme judiciaire annoncée par le Président Mirziyoyev en février 2017 ne sera effective que si le pouvoir judiciaire devient pleinement indépendant, si les règles en matière de procès équitable sont scrupuleusement respectées, et si les réformes sont mises en oeuvre de manière transparente et accompagnées d'un débat public ouvert. Sous le régime du Président Mirziyoyev, de nombreux procès de fonctionnaires accusés de crimes graves ont eu lieu à huis clos. Certains officiels ont été accusés de torture ou de mauvais traitements, mais peu d’informations sont accessibles au public. Les autorités ouzbèkes ont également bloqué les informations relatives à la détention et l’enquête pénale en cours sur la fille aînée de l'ancien président Islam Karimov, Gulnara Karimova. Bien qu’en 2017 le procureur général ait finalement clarifié quelles étaient les charges à son encontre, tout progrès dans ce dossier est gardé hors de la connaissance du public, dans tous ces cas il est permis de penser que les autorités se sont abstenues d’assurer la transparence afin d’empêcher la diffusion d’informations qui incrimineraient des membres du gouvernement actuel.

3. Mettre fin à la torture et aux autres mauvais traitements

Le gouvernement du Président Mirziyoyev a déjà pris des mesures pour lutter contre la torture. Au moins dix policiers impliqués dans des actes de torture, ainsi que des prisonniers reconnus coupables d'avoir torturé des détenus sous la pression d’officiers de police ont été traduits en justice ; certains changements législatifs ont été adoptés interdisant l'utilisation en Cour d'éléments de preuve obtenus sous la torture, ainsi que le recours à la torture contre les proches des détenus et des suspects; le code pénal a été modifié pour renforcer les peines pour actes de torture; et le gouvernement a accepté les recommandations formulées lors de l’Examen Périodique Universel des Nations Unies afin de permettre la ratification du Protocole facultatif à la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Toutefois, les organisations de défense des droits de l'homme (/humains) continuent de recevoir des allégations crédibles d’emploi de la torture et autres traitements inhumains, indiquant que la pratique se poursuit et que des réformes plus systématiques sont nécessaires. Les auteurs d’actes de torture ne sont punis que dans des cas exceptionnels. Il n’existe pas de système permettant d’introduire des plaintes confidentielles, ni de mécanisme d’enquête indépendant pour les allégations de torture, et il n'y a pas de cas connu de victime ayant reçu une indemnisation pour préjudice moral. Il est également important que les individus reconnus coupables d’actes de torture et de mauvais traitements soient condamnés à des peines proportionnelles à la gravité du crime.

4. Améliorer les conditions de détention et donner accès aux lieux de détention à des experts indépendants

En Ouzbékistan, les observateurs indépendants n’ont pas accès aux centres de détention et aux prisons. Selon d’anciens prisonniers et les proches des prisonniers actuels, les conditions de vie dans les centres de détention et les prisons sont toujours déplorables et l’accès aux soins médicaux est limité. Les statistiques sur le nombre de prisonniers en Ouzbékistan sont classées comme confidentielles et aucune information précise n'est publiée sur le taux de mortalité au sein la population carcérale.

5. Décriminaliser l'homosexualité

L'article 120 du Code pénal punit les relations sexuelles consenties entre adultes et légalise la discrimination à l'égard des personnes LGBTI. Cet article a également souvent été utilisé pour discréditer et punir les détracteurs du gouvernement.

Nous serions reconnaissants si vous pouviez soulever ces questions lors de vos entretiens avec le Président Mirziyoyev.

Nous vous prions de recevoir, Monsieur le Président, l’expression de nos sentiments les meilleurs.


Brigitte Dufour                                                       Nadejda Atayeva
Directrice                                                                  President
International Partnership for Human Rights             Association Droits de l'homme en Asie Centrale                                                                                                               



11.9.18

En France le Tribunal examine les conclusions déposées par les avocats. En Allemagne le Procureur de Berlin a enregistré notre plainte.

Le 7 septembre 2018 s’est déroulée à Paris la seconde audience judiciaire portant sur la plainte pour la défense de l’honneur, de la dignité et de la réputation touchant son activité, formée par Nadejda Atayeva - Présidente de l’Association Droits de l’Homme enAsie Centrale (France), à l’encontre de Mutabar Tadjibaeva, dirigeante de l’Association de Défense des Droits de l’Homme « Le club des cœursardents » (France). 
Au cours de cette audience, le Tribunal a examiné les conclusions déposées par l’avocat de Mutabar Tadjibaeva, visant au rejet de la plainte pour des questions de procédure. L’objet de la discussion a porté sur les règles régissant la procédure, et sur leur application dans des cas analogues.

Pour l’essentiel, l’argumentation de l’avocat de Mutabar Tadjibaeva porte sur le fait que la plainte contre sa cliente ne spécifie pas quelles phrases la plaignante exige de voir retirer des textes incriminés. Pour sa part, l’avocat de Nadejda Atayeva s’est appuyé sur les normes procédurales prévoyant le retrait total de la publication des textes contenant les allégations mensongères et offensantes.

Pour ce qui est des accusations, contraires à la vérité, à l’encontre de l’avocat Valery Kojevnikov, formulées par Mutabar, celle-ci a déclaré qu’elles n’étaient pas de son fait, les attribuant à une erreur de la police. L’avocat Valery Kojevnikov a décidé de couper court à la polémique sur ce point, de façon à éviter tout conflit d’intérêts et à pouvoir consacrer son temps à la défense de Nadejda Atayeva.

La cour, ayant entendu les parties, a déclaré qu’elle communiquerait sa décision le 9 novembre 2018.

Pour le moment, la plainte de Nadejda Atayeva n’a pas été examinée sur le fond, la procédure judiciaire est donc toujours en cours

Dans le même temps se déroule en Allemagne une procédure judiciaire à l’encontre de l’organisation «Uzbekistan Press Freedom Group e.V.», du site «centre1.com», de sa rédactrice Galima Boukharbaeva, ainsi que de la Présidente de l’organisation «Uzbekistan Press Freedom Group e.V.» Tatiana Gurevitch, et de son unique employée en fonction Annette Widen ; ce en raison des allégations mensongères et vexatoires à l’égard de Nadejda Atayeva figurant dans les publications diffusées sur le site « centre1.com»,

Le Procureur de la Ville de Berlin a enregistré la plainte de Nadejda Atayeva. Les parties attendent les conclusions de l’instruction de la plainte.
                     Lettre du Procureur de la Ville de Berlin,  faisant étant 
                    de l’enregistrement de la plainte de Nadejda Atayeva.

Au cours de l’année écoulée, les auteurs des sites «centre1.com» et «mutabar.org» ont publié plus de cent textes, contenant des allégations mensongères et vexatoires à l’égard de Nadejda Atayeva et de l’Association « Droits de l’Homme en Asie Centrale », ainsi que de leurs partenaires. La fréquence de ces publications, et la diffusion d’informations clairement mensongères, entachant l’honneur et la dignité d’une personne, ont pris un caractère systématique, et ont compromis la sécurité de plusieurs activistes de la société civile. Nadejda Atayeva s’est donc tournée vers les instances judiciaires et vers les organisations de défense des Droits de l’Homme, afin d’amener à devoir répondre judiciairement de leur responsabilité les coupables de ces actions.

L’Association Droits de l’Homme en Asie Centrale s’abstient par principe de commenter le contenu des articles diffusés sur les sites « mutabar.org » et « centre1.com ». Nous attendons une appréciation conforme au Droit des actes de leurs auteurs. Cette procédure judiciaire oblige les auteurs à établir la véracité de leurs allégations par des preuves, faute de quoi ils auront à en répondre et à en supporter les conséquences devant la justice.

Nous remercions tous ceux qui nous soutiennent et qui nous gardent leur confiance.


30.8.18

Déclaration sur les propos mensongers et injurieux de la défenseure des droits Mutabar Tadjibayeva


La présidente de l'Association Droits de l'Homme en Asie Centrale » (AHRCA) Nadejda Atayeva a porté plainte pour défendre son honneur, sa dignité et sa réputation professionnelle contre Mutabar Tadjibayeva, leader de l'organisation « Club des cœurs ardents » (France).
Depuis quelques années, Nadejda Atayeva de AHRCA ainsi que d'autres membres et intervenants de cette association sont l'objet des attaques de M. Tadjibayeva. Ses propos sur la toile sont de nature à discréditer ceux qu'elle vise et reposent sur des accusations absurdes et dénués de tout fondement. Elle accuse ces personnes d'actes illégaux particulièrement graves.  Par ailleurs, elle porte des jugements des plus offensants et passe outre aux principes de  respect des données privées.

Vu le caractère systématique et répétitif de cette campagne médiatique, la décision a été prise de porter la chose devant la justice. Devant le tribunal saisi, Nadejda Atayeva conteste les articles suivants de M. Tadjibayeva parus sur le site de celle-ci — https://mutabar.org/  — estimant que c'est à la justice d'en donner une appréciation.








                                                                                
AHRCA a procédé à une analyse des articles mentionnés ci-dessus. Nous présentons ici quelques exemples de ces calomnies :

— Les déclarations comme quoi Nadejda Atayeva et Alim Ataev auraient commis des actes de pillage au détriment de la firme « Fond » sont mensongères : ils n'ont jamais travaillé dans cette firme ni collaboré avec elle.

— Les propos de Madame Tadjibaeva concernant l'intention de Nadejda Atayeva de s'approprier l'argent de Gulnara Karimova ce pour quoi aurait été créé un fond au nom  d'Alim Atayev est pure invention et calomnie. Ni par écrit ni lors de rencontres, Nadejda Atayeva et les autres membres de l'AHRCA n'ont envisagé un tel projet. Toutes nos initiatives relatives au rapatriement des moyens financiers de Gulnara Karimova visaient à rendre cet argent de manière équitable aux victimes de la corruption.
                                                                                           
— L'on dispose de preuves irréfutables de l'interprétation erronée faite par Mutabar Tadjibayeva d’enquêtes, de documents et de déclarations émanant de l'Association Droits de l'Homme en Asie Centrale, interprétation qui en déforme les données factuelles et le contenu. Par de tels agissements, celle-ci a mis en danger la sécurité de membres et de requérants de cette organisation.

Une analyse détaillée sera publiée au terme de la procédure judiciaire en cours.

Madame Tadjibayeva a déclaré plus d'une fois publiquement qu'elle souhaitait obtenir du tribunal la vérité en démontrant la véracité de ses articles. Voici quelques citations de ses déclarations à ce sujet : «La responsable du « Club des cœurs ardents » déclare qu'elle pourra démontrer devant le tribunal tous les faits» ; «l'aide apportée selon les moyens de chaque contributeur à Mutabar contribuera à défendre sa vérité et exonérera le mouvement de défense des droits et la société d'Ouzbékistan de tout mensonge et y confortera le respect d'un seul étalon de valeur: la vérité!» (https://fr.gofundme.com/CoalitionHelpMutabar) «Le tribunal à Paris qui tiendra audience le 8 juin sur la plainte déposée par Nadejda Atayeva contre Mutabar Tadjibayeva mettra un terme à ce qui suit»

« (…) »

« 4 La diffusion du mensonge de par le monde par l'intermédiaire d'organisations de défense des droits sape la confiance des gens ordinaires envers les idées libérales et les valeurs démocratiques, ainsi que la sécurité! mondiale» «5. La vérité sera toujours victorieuse!»  (https://mutabar.org/ru/2018/06/19363) »

Mutabar Tadjibayeva a rejeté nos critiques et, pour y répondre, elle a lancé une campagne médiatique sur internet en vue de recueillir des moyens financiers auprès de gens honnêtes,  confiants et sensibles, entre autre pour rémunérer les services de son avocat, cachant à ses donateurs le fait qu'en France, les personnes à faible revenu peuvent bénéficier de l'aide juridictionnelle gratuite financée par l'Etat. Ses propos à ce sujet figurent sur les liens suivants: https://mutabar.org/ru/2018/05/18829 et http://fr.gofundme.com/CoalitionHelpMutabar

Les déclarations de Mutabar Tadjibayeva quant à sa capacité à apporter les preuves de ses propos et accusations se sont aussi révélées vaines. Ces conclusions résultent de la séance du 8 juin 2018. L'avocat de Madame Tadjibayeva a déclaré vouloir recourir aux moyens relatifs aux procédures pour obtenir le rejet de l'examen des informations contenues dans les articles, afin d'éviter des audiences consacrées au fond de l'affaire. Nous considérons que le comportement de Mutabar Tadjibayeva dans ce procès judiciaire constitue une tentative  d'éviter un examen honnête et impartial de ses articles et déclarations, par la justice française, sans jugement préconçu du contenu et de l'objet. La prochaine audience du tribunal se tiendra le 7 septembre, à Paris.

L'Association Droits de l'Homme en Asie Centrale (AHRCA) déclare que les accusations portées par Mutabar Tadjibayeva sont des calomnies, visant à discréditer la présidente de notre organisation, Nadejda Atayeva. Nous avons l'intention de mettre  M.Tadjibayeva devant ses responsabilités en nous fondant sur la législation de la République française.




8.5.17

Le rôle du crime organisé dans la vie politique de l’Ouzbékistan

Communication de Nadejda Atayeva aux auditions du Parlement européen le 3 mai 2017, 
sur le thème: aide de l’UE au rapatriement des actifs détournés

Mesdames,
Messieurs,

Salimbai ABDUVALIEV,
le « boss de la mafia » 
Je m’adresse à toutes les personnes présentes pénétrée d’un profond respect pour votre position de principe et vous dis toute ma gratitude pour m’avoir donné la possibilité de m’exprimer devant vous.

Le fond de notre débat porte sur la recherche de mécanismes efficaces destinés à l’éradication des sources de la corruption. Pour ma part, je souhaite attirer votre attention sur un thème peu étudié jusqu’à présent : le rôle de la criminalité organisée dans la vie politique de l’Ouzbékistan. Je voudrais explorer ce thème en prenant l’exemple des principaux leaders criminels du crime organisé Salimbai ABDUVALIEV et Batyr RAKHIMOV.

Ces personnes sont connues de l’opinion publique en tant que super-riches disposant de possibilités illimitées ; depuis de nombreuses années ils sont parvenus à bénéficier de privilèges de la part du chef de l’État ouzbek en vue de leur enrichissement personnel et à occuper une situation de monopole dans les domaines les plus lucratifs de l’économie de l’Ouzbékistan. Un tel trafic d’influence s’avère être la source de crimes qui n’ont pas uniquement le caractère de délits de corruption.

Selon les données fournies par le site Wikileaks, il est question, dans les communications
Batyr RAKHIMOV, 
oligarque ouzbek,
chanteur débutant
 
diplomatiques de l’ancien ambassadeur des USA en Ouzbékistan,
Jon Purnell, du trafic d’emplois de la haute fonction publique mené par ABDUVALIEV, et par ailleurs on remarque la présence de ministres ouzbeks et de leurs épouses, qui ont comblé de cadeaux des membres de la famille d’ABDUVALIEV, aux fêtes que ce dernier organise. Nos propres informations confirment ces observations.

Divers indices montrent qu’ABDUVALIEV, comme par le passé, demeure un familier du régime actuel de l’Ouzbékistan. Il a ostensiblement prêté un soutien actif à Shavkat MIRZIYOYEV lors des dernières élections présidentielles. Depuis six mois déjà, une photographie circule dans l’espace internet, où le mafieux Salimbai ABDUVALIEV et le président de la République d’Ouzbékistan MIRZIYOYEV échangent une poignée de mains. Cette poignée de mains en public constitue un signal clair adressé à la société du fait que MIRZIYOYEV avait déjà à ce moment donné à une « autorité » criminelle le droit de mener ses « affaires » sous sa protection et au nom de l’État. Il est remarquable que, peu après cette poignée de mains en public, Salimbai ABDUVALIEV ait été nommé vice-président du Comité olympique.
 
Le président de l’Ouzbékistan, Shavkat MIRZIYOYEV (à gauche)
et le « boss de la mafia »
Salimbai ABDUVALIEV
se serrent la main,
photographie relevée sur Internet
 
L’obtention par Salimbai ABDUVALIEV d’un mandat de fonctionnaire d’État est perçue comme la délivrance d’une licence officielle de racket. Les relations mutuelles de Shavkat MIRZIYOYEV et de Salimbai ABDUVALIEV font du nouveau président de l’Ouzbékistan un participant de la mafia transnationale, étant donné que Salimbai ABDUVALIEV est lié à celle-ci.

Salimbai ABDUVALIEV
cette photo a été diffusée pendant 
la campagne présidentielle de 2016
Il est possible que l’une des raisons du maintien à flot de Salimbai ABDUVALIEV soit l’existence de liens étroits entre lui-même et le SNB (Service National de sécurité) d’Ouzbékistan. Salimbai ABDUVALIEV exécute des missions dans le cadre d’opérations de ce service menées en coulisses. Comme le montre l’analyse de l’affaire de l’attentat politique de Suède (en 2012) contre la personnalité religieuse Obidkhon Qori NAZAROV, le SNB maintient Salimbai ABDUVALIEV à son poste de dirigeant d’organisations sportives en guise de couverture pour ses actions en vue de l’élimination des opposants au régime actuel qui vivent à l’étranger.

Dans l’exécution de ce genre de missions, ABDUVALIEV agit par l’intermédiaire d’autres figures des affaires parallèles, en particulier de Batyr RAKHIMOV. Le nom de ce dernier mérite une attention particulière.

Le tueur professionnel Yuri Zhukovsky, condamné en Suède à la réclusion à perpétuité pour l’attentat contre la personnalité religieuse Obidkhon Qori NAZAROV, a avoué avoir reçu d’Umid AMINOV, originaire de la ville de Boukhara (et connu, selon son passeport
Le tueur Yuri Zhukovsky (à gauche)
et Umid AMINOV (Tigran KAPLANOV)

photographie relevée sur le site eltuz.com
russe, sous le nom de Tigran KAPLANOV), deux cent mille dollars US pour l’opération de liquidation de cette personnalité religieuse en disgrâce. Il est apparu lors de l’enquête que KAPLANOV-AMINOV avait pendant de nombreuses années vécu dans l’entourage proche et dépendu pour sa subsistance de l’oligarque Batyr RAKHIMOV, lequel est à son tour lié à
Salimbai ABDUVALIEV.

La tentative d’assassinat d’Obidkhon Qori NAZAROV par des criminels sur ordre des services spéciaux ouzbeks n’est pas la seule de son espèce : en octobre 2007, des tueurs, en mission pour le SNB, ont assassiné à Och (sud du Kirghizistan) Alisher SAÏPOV, journaliste connu. En 2014, selon un scénario semblable, les services spéciaux ouzbeks ont organisé l’assassinat en Turquie d’une autre personnalité religieuse, l’imam Mirzagolib KHAMIDOV, connu de ses disciples sous le nom d’Abdullah BUKHARI. Dans tous ces cas apparaissent en pleine lumière les noms de KAPLANOV et de l’oligarque Batyr RAKHIMOV.

Salimbai ABDUVALIEV et Batyr RAKHIMOV
Son activité dans le domaine du sport ouzbek permet au «boss de la mafia» Salimbai ABDUVALIEV et aux membres de son réseau d’obtenir des visas et de se rendre dans des pays occidentaux où sont concentrés les réfugiés ouzbeks. Grâce aux visas, ils peuvent aussi exporter dans d’autres pays étrangers des actifs accumulés illégalement. Salimbai ABDUVALIEV ou ses hommes de main organisent l’obtention de visas SCHENGEN pour des tueurs sous couvert des organisations sportives et de leurs liens internationaux.

Les organismes comme Interpol, Europol ainsi que les autorités chargées de l’application du droit dans les pays où vivent des réfugiés ouzbeks sont invités instamment à tourner leur attention vers ces prétendus responsables sportifs et à prendre les mesures adéquates, y compris en ce qui concerne les représentants du pouvoir ouzbek qui leur sont liés.

Je vous remercie de votre attention.





22.2.17

Muhammad Bekjanov, libre après 18 ans passés dans les prisons ouzbèkes


Lauréat du Prix 2013 pour la liberté de la presse de Reporters sans frontières (RSF), le journaliste ouzbek Muhammad Bekjanov, a été libéré ce 22 février 2017 après 18 ans de prison. C’était l’un des journalistes emprisonnés depuis le plus longtemps au monde. L’Association "Droits de l’Homme en Asie centrale" (AHRCA), Civil Rights Defenders (CRD), Freedom House, International Partnership for Human Rights (IPHR), le Norwegian Helsinki Committee (NHC), RSF et Uzbek–German Forum for Human Rights (UGF) expriment leur profond soulagement et appellent les autorités à laisser le journaliste rejoindre sans délai sa famille aux Etats-Unis.

Ancien rédacteur en chef du principal journal d’opposition ouzbek et “héros de l’information” de RSF, Muhammad Bekjanov était l’un des journalistes emprisonnés depuis le plus longtemps au monde. Incarcéré en 1999 et soumis à la torture, il avait vu sa peine prolongée in extremis en 2012. A 62 ans, il retrouve enfin la liberté ce 22 février. Selon les premières informations disponibles, il ne sera pas autorisé à quitter le pays pendant un an, ce qui veut dire qu’il restera encore quelque temps séparé de sa famille, exilée aux Etats-Unis.

“Nous sommes extrêmement heureux et soulagés de savoir Muhammad Bekjanov en liberté, déclarent les organisations signataires. Il est tragique et profondément injuste qu’il ait passé autant de temps en prison pour n’avoir fait que son travail. Sa libération ne sera complète que lorsqu’il sera autorisé à rejoindre sa famille aux Etats-Unis.”

“Nous réitérons notre appel à la libération immédiate de tous les journalistes et défenseurs des droits de l’homme qui restent injustement détenus en Ouzbékistan, poursuivent les organisations signataires. Nombre d’entre eux souffrent de graves problèmes de santé. Nous sommes particulièrement inquiets pour Yousouf Rouzimouradov, collègue de Muhammad Bekjanov arrêté en même temps que lui, et dont nous sommes depuis longtemps sans nouvelles.”

Au début des années 90, à la tête de la rédaction d’Erk (Liberté), Muhammad Bekjanov a tenté d’ouvrir le débat sur tous les sujets tabous : catastrophe écologique de la mer d’Aral, recours au travail forcé dans les champs de coton, économie exsangue... Son frère, le célèbre opposant et poète Muhammad Salikh, était le seul adversaire du président Islam Karimov aux élections de décembre 1991. Une série d’attentats à Tachkent, en 1999, a servi de prétexte au régime pour achever de faire taire les critiques : comme de nombreux militants démocrates, Muhammad Bekjanov a été jugé complice et condamné à 15 ans de prison. En février 2012, quelques jours avant le terme de sa détention, il a été arbitrairement condamné à quatre ans et huit mois supplémentaires pour “refus d’obtempérer aux demandes de l’administration pénitentiaire”.

Du fait des tortures dont il a fait l’objet en prison et d’une grave tuberculose longtemps restée non traitée, le journaliste a perdu de nombreuses dents et une partie de son ouïe. Depuis quelques années, il est sujet à des pics de douleur et une gêne permanente dus à une hernie de l’aine, qui s’est déclarée alors qu’il était employé en prison à la fabrication de briques.

L’Ouzbékistan occupe la 166e place sur 180 au Classement mondial 2016 de la liberté de la presse. Quelques prisonniers politiques, dont le défenseur des droits de l’Homme Bobomourod Razzakov et l’opposant Samandar Koukanov, ont été libérés depuis la mort de l’ancien président Islam Karimov, en août 2016. Mais de nombreux journalistes, opposants politiques, défenseurs des droits de l’homme et autres représentant de la société civile croupissent toujours en prison.





29.11.16

Les actifs, acquis par l’elite au pouvoir en Ouzbékistan, suite aux transactions corrompues dans le secteur de la telecommunication devraient etre confisquees et restituees aux personnes victimes de la corruption

Presse-relise

Le 29 novembre 2016                                                                            Le Mans, Berlin, Memphis

LETTRE OUVERTE DES ACTIVISTES OUZBEKS AUX GOUVERNEMENTS DE BELGIQUE, D’IRLANDE, DU LUXEMBOURG, D’HOLLANDE, DE SUISSE, DE SUEDE ET DES ETAT-UNIS

Le groupe des activistes ouzbèks composé de Nadejda Atayeva, Umida Niazova, Sanjar Umarov, Edgor Obida, Alicher Taksanov, Ismail Dadadjanov, Dovudkhon Nazarov, Alicher Abidov, Mirrakhmat Muminov, Dmitriï Tikhonov et Ulugbek Khaïdarov appelle les gouvernements des Etats-Unis, de Suisse, de Suède, de Hollande, de Belgique, d’Irlande et du Luxembourg pour soutenir l’action du Département de la justice des Etats-Unis sur la confiscation des 850 millions de dollars, acquis par les responsables corrompus d’Ouzbékistan suite aux transactions corrompues dans le secteur des télécommunications. Les activistes appellent ces gouvernements à ne pas restituer ces actifs au gouvernement d’Ouzbékistan qui est responsable dans cette affaire judiciaire mais d’envoyer ces fonds directement aux personnes victimes de la corruption c’est à dire, au peuple ouzbek. Exemple du rapatriement légitime des actifs injustement gagnés peut être la Fondation Bota au Kazakhstan. Si le gouvernement d’Ouzbékistan n’accepte pas de créer les conditions pour faire travailler la même fondation, les actifs cités doivent être gelés par un gestionnaire de confiance, lui-même, contrôlé par les gouvernements suscités et par une société civile ouzbek.

Cette lettre signée par les activistes est jointe plus bas et peut être téléchargée ici. Cette lettre doit être considérée comme une première initiative, laquelle tout le monde est invité à soutenir, tous, qui veulent que l’Ouzbékistan prenne le chemin des réformes et devienne un pays libéré de toute corruption.  Les signatures sont ici.

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Le 29 novembre 2016
Le Mans, Berlin, Memphis


Les actifs, acquis par l’élite au pouvoir en Ouzbékistan, suite aux transactions de
Corruption dans le secteur des télécommunications, devraient être confisqués et
Restitués aux victimes de la corruption


LETTRE OUVERTE DES ACTIVISTES OUZBEKS AUX GOUVERNEMENTS DE BELGIQUE, D’IRLANDE, DU LUXEMBOURG, D’HOLLANDE, DE SUISSE, DE SUEDE ET DES ETAT-UNIS

Nous sommes des citoyens d’Ouzbékistan, nous vous écrivons pour vous exprimer notre espoir sur les faits que les actions engagées par le Département de la justice des Etats-Unis N° 1 :15 : cv-05063 du 29 juin 2015 et N° 1 :16-cv-01257-UA du 19 février 2016, relatives à la confiscation d’actifs, dont le montant est de 850 millions de dollars US, acquis suite aux transactions issues de la corruption dans le secteur des télécommunications,  doivent être menées jusqu’à la fin avec succès et que les Etats européens, dans les banques où sont gelés ces actifs, soutiennent ces actions et prendrons des décisions dans les intérêts des victimes de la corruption. Les signataires de cette lettre sont des activistes de la société civile de l’Ouzbékistan, contraints de quitter leur patrie suite aux menaces de répression émanant du régime de Karimov, mais qui continue à participer dans la vie sociale de son pays.

Nous vous demandons de ne pas rendre cette somme au gouvernement d’Ouzbékistan parce qu’il est noyé dans la corruption systématique, qui traverse tous les niveaux de l’Etat et qui compromet l’indépendance et l’incorruptibilité des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire.

Après le décès d’Islam Karimov, les nouveaux pouvoirs ont promis de réformer le système judiciaire et d’adopter une législation visant à lutter contre la corruption mais nous devrions nous assurer que les paroles ne contredissent les actions. Durant la gouvernance de Karimov, beaucoup de bonnes lois ont été adoptées, les conventions internationales pour la défense de droits de l’Homme ont été signées et ratifiées et aussi pour la lutte contre la corruption. Mais dans la pratique, rien de tout cela n’a été fait, ni les lois du pays ni les obligations internationales que le gouvernement d’Ouzbékistan devait assumer.

Nous pensons que la somme citée devra servir à compenser les dommages pour le peuple ouzbek, seule victime de la corruption commise par l’Etat. Compte tenu de la faible probabilité que dans un futur proche, le gouvernement ouzbek sera d’accord pour la distribution indépendante des actifs, nous proposons de les geler temporairement dans une fondation transparente sous couvert d’une institution internationale de confiance (trust), qui à son tour serait soumise au contrôle des parties belligérantes y compris la société civile.

1.  Nous sommes contre le transfert de ces actifs au gouvernement de l’Ouzbékistan, le plus corrompu et répressif au monde. Pour soutenir cette demande, en pièces jointes de cette lettre, vous trouverez une courte caractéristique du système de gouvernance et de justice et aussi, de la situation concernant les droits de l’Homme en Ouzbékistan.

2.  Nous vous encourageons à créer un mécanisme par lequel tous les actifs devraient être restitués directement à ceux qui ont été volés – aux citoyens de la République d’Ouzbékistan.

Le montant à confisquer est important et représente au moins de 7% du budget annuel du pays. Nous proposons de diriger les actifs cités vers les objectifs suivants :

1) Fond de compensation des victimes de la torture. Nous pouvons et devrons compter ceux qui ont subi les tortures, les victimes de la corruption d’Etat et de la politique, car le pouvoir autoritaire utilise la torture comme moyen pour protéger ses intérêts et ses affaires secrètes du contrôle public. Le plus souvent, la torture est utilisée contre ceux qui critiquent la corruption du pouvoir. La torture est la manifestation la plus odieuse de l’arbitraire et de la corruption dans le système judiciaire du pays. Nous demandons de créer cette fondation pour venir en aide aux victimes de la torture qui vivent encore dans le pays et à ceux qui ont été obligées de le quitter. Le critère d’identification des victimes de torture peut être les données déjà publiées par les organisations de défense des droits de l’Homme, des comités de l’ONU de droits de l’Homme et contre de la torture, les rapporteurs spéciaux de l’ONU ainsi que les données de l’YVKB et des autorités de l’immigration chargés de l’examen des dossiers de demande d’asile.

2) Programmes dans les domaines de l’éducation et de la santé pour les personnes les plus vulnérables.

3) Programmes d’assistance économique pour les pauvres sous forme de microcrédits, de développement d’infrastructure et de services de gestion des petites entreprises.

4) En plus des mesures de compensation, les actifs devraient être dirigés vers la création de mécanismes de prévention et de lutte contre la corruption en Ouzbékistan, y compris des programmes pour atteindre la transparence des finances de l’Etat, les reformes du système judiciaire et des forces de l’ordre publiques, le renforcement de l’institution de plaidoirie  et la création d’organismes efficaces de lutte contre la corruption.

La condition principale pour la mise en œuvre des programmes proposés ci-dessus est la non-ingérence du gouvernement ouzbek dans leur réalisation et de leur gestion. Un précédent d’un tel programme de bienfaisance a déjà été crée –c’est la Fondation Bota, elle a été formée à partir de moyens du « Kazakhgate » (84 millions de dollars de US payés au président du Kazakhstan par une entreprise étrangère et arrêtés sur les comptes bancaires suisses). Comme on le sait, l’argent de la Fondation est allé soutenir les enfants issus de familles pauvres et son activité était contrôlée par ses organisateurs et aussi par les représentants de la société civile et la Banque Mondiale. A notre avis, la Fondation Bota c’est un exemple significatif du retour des actifs acquis malhonnêtement aux victimes de la corruption en contournant leur transfert au gouvernement, impliqué dans la prise de pots de vin. Nous pouvons dire que le rôle principal dans le succès de cette Fondation est le fait, qu’elle a été créée et a fonctionné avec la participation du gouvernement du Kazakhstan mais sans interférence et la pression de sa part. Nous espérons que le gouvernement d’Ouzbékistan sera d’accord des conditions similaires pour la réaffectation des actifs. Cela signifie que le programme de bienfaisance que nous avons proposé ci-dessus, sera contrôlé par les gouvernements des pays auxquels  cette lettre a été envoyée, à savoir, les USA, la Suisse, la Suède, la Hollande, la  Belgique, l’Irlande et le Luxembourg ainsi que les représentants de la société civile.

Dans le même temps, nous comprenons, qu’en prenant en comparaison avec le Kazakhstan, l’Ouzbékistan se représente comme un partenaire extrêmement hostile et difficile pour la réalisation des projets de bienfaisance similaires avec la Fondation Bota. Voici quatre raisons principales pour cela : 

1) Si la Fondation Bota fonctionnait en Kazakhstan par l’attribution de subventions aux organisations locales non gouvernementales, lesquelles, à leurs tour venaient en aide à la population, ce n’est ne pas le cas de l’Ouzbékistan, où le troisième secteur en tant que tel n’existe pratiquement pas. La majorité des ONG indépendantes ont été écrasées entre 2004 au 2007. Essentiellement, dans le pays ne sont restées que les organisations complètement contrôlées par le gouvernement et la participation desquelles dans ce projet violeront le principe de non-ingérence du gouvernement. 

2) Compte tenu de l’absence de la liberté d’expression, de la presse et des associations, un contrôle indépendant des activités des projets bienfaisants serait impossible.

3) Durant la période de l’année 2004 à 2007, le gouvernement d’Ouzbékistan a expulsé du pays plusieurs associations internationales, telles que Freedom House, Fondation d’Eurasie, Institut de la Société Ouverte et d’autres. Human Rights Watsh étair obligé de fermer son office dans le pays en 2011. Leur présence dans le pays est nécessaire à la fois pour l’observation indépendante et pour le soutien de la société civile locale. En d’autres termes, pour une mise en œuvre réussie des activités des programmes caritatives ci-dessus, un environnement institutionnel et social est nécessaire.

4) Il n’y a pas de conversion de monnaie libre dans le pays. Il existe quatre différents taux de change. La différence entre le taux officiel et le taux du marché noire est très élevée, ce qui permet au gouvernement de manipuler cette différence. Quand il fallait acheter les devises auprès des entreprises et de la population, le taux officiel sous-évalué est utilisé.

Si les entreprises et la population ont besoin des devises, elles doivent en réalité recourir à au taux de marché noir plus élevé, car les possibilités pour elles d’acheter des devises étrangères au taux de change officiel sont extrêmement limitées. Un certain nombre de services et de produits sont vendus à la population pour une monnaie forte, forçant la population à l’acheter sur le marché noire ce qui entraîne une menace entraînant de poursuites pénales. Même si le gouvernement autorise les activités de la fondation caritative, il forcera d’abord, à convertir les actifs de la fondation en monnaie locale à un taux sous-évalué, raison pour laquelle, la fondation perdra jusqu’à 50% de la valeur réelle de ses actifs.

Reconnaissant la nécessité d’un compromis avec le gouvernement ouzbek pour créer la fondation caritative en Ouzbékistan, nous considérons qu’un tel compromis n’est acceptable que si les conditions suivantes sont remplies :

- Supprimer ou réduire considérablement les obstacles à l’exercice de la liberté d’expression, de la presse, de réunion et d’association ;
-  Libéraliser la politique de conversion des devises ce qui assurerait la sécurité de la valeur totale des fonds, destinés à des activités caritatives.
-  Admettre dans le pays et accréditer les organisations internationales non gouvernementales, en particulier celles spécialisées dans le domaine des droits de l’Homme et de lutte contre la corruption.

Etant donné qu’il est peu probable dans un avenir proche, que le gouvernement d’Ouzbékistan acceptera ces conditions, la totalité des actifs ou la majeure partie de ces derniers, devrait toujours être accumulé dans un organisme transparent, qui rend compte aux principales parties prenantes y compris, les gouvernements des USA, de Suisse, de Suède, d’Hollande, de Belgique, d’Irlande et du Luxembourg ainsi qu’à la société civile d’Ouzbékistan. Il pouvait être établi sous l’égide d’une organisation internationale avec le mandat, l’expérience,   l’expertise et la réputation irréprochable. Le dégel de ces actifs serait possible lorsque les conditions en Ouzbékistan arriveraient à maturité et la volonté politique apparaître pour mettre en œuvre un programme de type fondation Bota,

Les gouvernements de Belgique, d’Irlande, du Luxembourg, de Hollande, de Suède, de Suisse et des USA doivent prendre la décision dans l’intérêt des victimes ouzbeks de la corruption. Cela aidera également à protéger les entreprises occidentales contre les accords occultes avec des fonctionnaires corrompus d’Ouzbékistan et, par conséquence, à payer des amandes de plusieurs millions pour corruption et tromperie de ces actionnaires.

Avec tout notre respect

Nadejda Atayeva, Association Droits de l’homme en Asie Centrale, résident en France, n.atayeva@gmail.com (personne à contacter)

Umida Niyazova, Forum Ouzbèko allemand des droits de l’Homme, résident en Allemagne, umida.niyazova@gmail.com (personne à contacter)

Sanjar Umarov, ancien prisonnier politique, résident aux USA

Jodgor Obid, poète, membre de Pen-club International (Autriche), résident en Autriche

Alisher Taksanov, journaliste, résident en Suisse

Ismail Lalaljanov, Forum démocratique d’Ouzbékistan, résident en Suède (décédé le 30.11.2016)

Dovudlhon Nazarov, résident en Suède

Alisher Abidov, Association Droits de l’Homme en Asie Centrale, résident en Norvège

Mmirraphman Muminov, Association Droits de l’Homme en Asie Centrale, résident aux USA

Dmitriï Tikhonov, défenseur des droits, résident en France

Ulugbek Khaïdarov, ancien prisonnier politique, résident au Canada



                                          
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ANNEXE: BREVE DESCRIPTIF DU SYSTEME DE GESTION, DE JUSTICE ET DE LA SITUATION DES DROITS DE L’HOMME EN OUZBEKISTAN

Ouzbékistan – Est un pays de la corruption systématique et persistante. Au cours des dernières années, la note du pays sur l’indice de perception de la corruption Tranparency International n’a pas dépassé la 153ème place parmi les 168 pays du monde. La corruption a pénétré au plus haut niveau de la hiérarchie de l’Etat, comme en témoigne le schéma révélé de la réception des pots-de-vin par Goulnara Karimova, la fille de l’ex président, des compagnies des télécommunications pour un minimum de 850 millions de dollars.

Сette série d’accords de corruption a souligné la situation déprimante dans le secteur des télécommunications, y compris l’absence totale d’un mécanisme pour l’octroi de licences sur une base concurrentielle ce qui a conduit à la pratique de la délivrance de telles licences à la suite des arrangements dans les coulisses.  L’agence d’Etat chargée  de la réglementation du secteur, a permis l’attribution de licences à des sociétés offshore, qui n’avaient aucune expérience dans les affaires, sans réputation et même sans cadres, leur permettant de revendre des licences aux opérateurs mobiles internationaux en violation de la législation ouzbek. Depuis l’époque du scandale de la corruption des années 2012-2014, l’état des choses n’a pas vraiment changé. Seuls les assistants et les cadres techniques de Goulnara Karimova, sur lesquels les sociétés offshores ont été conçues, furent les boucs émissaires en les condamnant pour diverses peines d’emprisonnement. Les fonctionnaires de l’Etat qui ont pris les décisions menant à des pratiques de corruption, sont restés impunis.

Les choses n’ont pas changé avec les nouvelles autorités. Jusqu’à présent, l’attribution des fréquences et des licences sont résolvent en coulisses, en dehors de la législation. En outre, après la mort de Karimov, l’ex responsable de l’agence d’Etat des télécommunications (à présent, Ministère du développement des technologies de l’informatique et des communications) Ablulla Aripov, personnellement autorisant l’attribution des fréquences et des licences par le réseau de la corruption, plus tard, limogé de ces fonctions mais a il échappé à la justice, maintenant il est restauré au bureau du gouvernement.

La corruption à grande échelle en Ouzbékistan ne se limite pas au seul secteur des télécommunications. Elle pénètre aussi les autres secteurs de l’économie, en particulier dans le secteur du coton, la construction, les sphères commerciales et dans les échanges de devise. Des services gouvernementaux les plus corrompus sont les services des impôts, les douanes, les tribunaux, le bureau du procureur, la milice et le service de la sécurité nationale. La sphère des finances publiques dans son ensemble est complètement opaque. Même le parlement ne connaît pas le montant des recettes provenant des principales exportations, y compris provenant du coton, des métaux non ferreux et précieux, du gaz et des produits de l’industrie chimique. La principale chose – la société ne sait pas comment ce revenu est distribué. Il y a des données, qui montrent que les recettes ne sont encaissées dans le budget d’Etat, mais dans des comptes non budgétaires de la banque centrale, que le président lui-même et le cercle restreint des personnes de son entourage en disposent à leur guise.

La situation avec des droits de l’Homme dans le pays est effroyable et fait partie intégrante du système de corruption politique. Il y a des preuves qui montrent que des citoyens sont souvent arrêtés sur de fausses accusations, par exemple, en possession de drogue, pour évasion fiscale ou pour d’autres infractions graves. Derrière les affaires fomentées dans un premier temps, il y trouve les motifs politiques, et dans un autre, - les motifs de corruption, lorsque les poursuites judiciaires visent souvent l’extorsion. Les services de sécurité obtiennent très souvent des personnes arrêtées la reconnaissance de leur propre culpabilité ou font de fausses déclarations contre d’autres personnes, réalisés sous l’intimidation, la torture, l’humiliation ou par le chantage. 

Compte tenu de l’expérience personnelle et des histoires de nos collègues, amis et proches de la famille, nous pouvons témoigner que la torture est depuis longtemps une pratique courante dans les activités des services de sécurité et des établissement pénitentiaires en Ouzbékistan. Le seul représentant du Conseil des Nations Unies sur les droits de l’Homme qui a réussi à visiter l’Ouzbékistan, le rapporteur spécial de l’ONU sur la torture Théo van Boven, après avoir visité le pays en décembre 2002, a conclu que la torture ou les mauvais traitements similaires en Ouzbékistan étaient systématiques. Depuis la visite de Théo van Boven, aucun autre rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits de l’Homme n’a pas pu se rendre en Ouzbékistan.

L’Ouzbékistan est peut-être le seul pays au monde, sans parler du Turkménistan, où l’Etat sponsorise le système du travail forcé, en dépit du fait que les lois du pays et les conventions de l’Organisation internationale du travail, signées et ratifiées par l’Ouzbékistan l’interdisent. Chaque année, plus d’un million de citoyens sont envoyés contre leurs volontés et sous peine de sanctions à collecter le coton. Cette année, le département d’Etat américain dans son rapport a abaissée la note d’Ouzbékistan au niveau le plus bas, la troisième, en raison de la pratique encore persistante de l’exploitation forcée de masse de la population pour la collecte du coton. Après la mort de Karimov, la situation n’a pas changé. Comme sous le régime précèdent, l’Ouzbékistan continue d’être un pays à pratiquer l’esclavage des travailleurs et du mépris total de ces propres lois, aussi que du droit international dans le domaine des droits de l’Homme.

Le pays a systématiquement violées les libertés civiles, y compris la liberté d’expression, de presse, de réunions et d’associations.  Comme dans le cas d’Islam Karimov, alors maintenant dans le pays la séparation du pouvoir est quasiment absente, et tout le pouvoir est concentré entre les mains d’un dirigeant autoritaire et de son entourage. Le parlement joue un rôle plutôt décoratif, en fabriquant des lois et des décisions qui sont préparées dans le bureau présidentiel ou dans le cabinet des ministres. Les tribunaux, formellement, sont indépendants mais de facto, subordonnés à l’exécutif, en particulier les dirigeants de l’administration locale, la milice, les services de sécurité et les procureurs, exécutant inconditionnellement ce qui dicte les chefs de ces structures. Les plaidoiries dans le pays sont absolument impuissantes et sont sous le contrôle total du gouvernement représente par le ministère de la Justice. Les avocats dans leur statut actuel ne sont pas en mesure d’agir suк un pied d’égalité avec les autorités de poursuites dans les processus judiciaire en défendant les droits des accusés.

L’intimidation des avocats sont fréquente s’ils prennent les affaires fomentées par le pouvoir exécutif. Par conséquent, les avocats refusent de tel cas où ils perdent  de leurs licences.  Un certain nombre d’avocats sont privés du droit de quitter le pays, ils leur interdisent de prendre la parole lors des conférences sans l’autorisation du ministère de la Justice.

La pratique judiciaire n’est pas du tout transparent. Ni la loi ni la pratique ne prévoient une publication ouverte des actes d’accusations et des verdicts judiciaires, ainsi que d’autres documents judiciaires.  Par conséquent, la société, en règle générale, ne sait pas pourquoi telle ou telle personne a été reconnue coupable, quelles accusations sont portées contre elle, quels arguments de l’accusation et de la défense. Les juges, en règle générale, ignorent les déclarations des accusés au sujet de la torture qu’ils ont subie, sans autoriser l’examen médical sur des faits de la torture. L’audience sur les affaires criminelles passe souvent à huis clos, sans accès au public et à la presse, surtout s’il s’agit de cas politiquement motivés.

Les violations des droits de l’homme sont étroitement liées à la pratique de la corruption des organismes d’Etat. Les gens sont souvent arrêtés et emprisonnés pour leur extorque des pots-de-vin.

L’exemple le plus récent est l’arrestation et l’affaire fabriquée contre deux frères Ibodov, des hommes d’affaires de la région de Boukhara. La véritable raison de l’arrestation est le refus des frères de verser des pots-de-vin aux forces de l’ordre. L’un des frères, Rakhim, a été condamné à 8 ans, l’autre, Ilkhom, est mort suite aux pratiques de la torture. Le tribunal a ignoré la déclaration de Pakhim sur les tortures cruelles qu’ils ont subi tous les deux. Les autorités ont refusé d’enquêter sur cette affaire, devenant ainsi complices de ce crime.

Les autorités aussi emprisonnent et torturent ceux qui tentent de découvrir des cas d’abus de pouvoir. Le journaliste et défenseur des droits de l’Homme Dilmurod Saiid, qui a découvert des cas de corruption dans le district de Djambaï dans la région de Samarkand a été condamné à 12,5 années, il a contracté la tuberculeuse en prison suite aux terribles conditions de détention.

En détention, il y a plus de 30 militants appartenant à la société civile et des journalistes ainsi que des milliers de musulmans, condamnés pour des raisons politiques. Certains d’entre eux ne reviennent pas vivants des prisons ou ils sont en mauvais état de santé suite aux tortures et du mauvais traitement dans les prisons.

Depuis 24 ans de suite, «Freedom House» estime que le pays n’est pas libre et  pendant 10 années consécutives lui attribuant la note de «7», la plus basse dans la catégorie « droits politiques » et « libertés civiles ». Seulement trois autres pays ont la même faible estimation : la Corée du Nord, le Soudan et le Turkménistan.

En tout état des choses avec ce régime au pouvoir, le retour au gouvernement d’Ouzbékistan de toutes les sommes sorties du pays suite à la corruption vaudra à les transférer entre les mains de ceux qui ont volé cet argent ou qui sont impliqués dans le vol. On est presque sûr que le montant total transféré aux autorités ouzbèkes, disparaîtra dans les comptes extrabudgétaires et complètement non transparents.  Il sera utilisé par l’élite dirigeante qui ne rapporte à personne. Il est fort probable qu’une part de cette somme ira renforcer l’appareil répressif à dissimuler des opérations contre les dissidents et les combattants contre les abus de pouvoir, y compris l’embauche des éléments criminels pour commettre l’assassinat des dissidents politiques se trouvant hors de l’Ouzbékistan. Un des exemples de ce genre d’embauche de tueurs professionnels par les services spéciaux ouzbèks est la tentative d’assassinat en Suède en 2012 d’un réfugié politique ouzbèk Obidkhon Nazarov, autre cas de ce genre, le meurtre du journaliste Alicher Saipov en 2007.

Même que si le président Karimov soit décédé, il n’y a aucune raison de croire que le réseau corrompu des fonctionnaires du gouvernement qu’il a fondé, régira les affaires de l’état différemment. Malgré la rhétorique des nouvelles autorités pour la lutte contre les abus, nous observons les mêmes pratiques de violations des droits des citoyens. Y compris le travail forcé, les arrestations et les passages à tabac des défenseurs des droits humains et de journalistes.

Le retour des actifs, acquis malhonnêtement, au gouvernement ouzbèk ou l’appropriation de ces actifs par les gouvernements des pays qui envisagent le sort de ces actifs doivent être considérés comme actions contre les intérêts des victimes de la corruption et l’encouragement de nouvelles pratiques criminelles. Une telle tournure des évènements démoraliserait sévèrement la société ouzbèke et affecterait négativement la réputation de ces gouvernements, qui se sont déclarés partisans des droits de l’Homme et de la lutte contre la corruption. Le monde et le peuple d’Ouzbékistan, ente autre, surveillent de près les actions de la justice et des gouvernements de ces pays sur cette question.

Pour le moment, dans le pays, il n’y a pas de conditions libres de suivi et de contrôle adéquates. Dans certains cas, les activistes ouzbeks qui ont essayé de procéder à des monitorings sur diverses questions, pour exemple, le travail forcé, dont ont souffert les autorités pour leur rôle. Une affaire criminelle fictive a été intentée contre un défenseur des droits humains Okhtav Pardaev, un autre militant Dmitriy Tikhonov a été tabassé et sa maison a incendiée, ce fut clairement la réponse des autorités sur leur surveillance sur le travail forcé. Des telles attitudes intolérante et cruelle à l’égard des observateurs indépendants porteront atteinte au principe de transparence et de responsabilité du fonds caritatif s’il verra le jour en Ouzbékistan.